journal article Open Access Jan 01, 2025

Les nouveaux visages de la souffrance au travail

Abstract
Les outils technologiques imposent aux travailleurs un rythme difficile à suivre. Suivre, ou tenter de suivre, ces nouvelles cadences met le corps à l’épreuve. Or, le corps du travail n’est pas le corps rêvé par les organisations du travail, soit une force productrice ou motrice. Il est par exemple le siège de la mémoire procédurale, qui porte sur les habiletés motrices, les savoir-faire, les gestes habituels. Quant au travail, il doit répondre à des promesses, d’émancipation ou d’accomplissement de soi. Le travail prescrit par ces organisations n’est pas non plus le travail réel, et c’est précisément dans cet écart entre l’un et l’autre que les hommes et les femmes déploient leur énergie personnelle, leur créativité, leur intelligence du réel. Aujourd’hui, nous sommes obligés de ruser pour que le travail reste du travail humain, tant il est transformé en données comptables, afin de satisfaire la nouvelle gouvernance financiarisée. Les nouvelles organisations du travail et les nouveaux outils technologiques provoquent des pathologies qui touchent maintenant les managers et les directeurs. L’accélération généralisée des rythmes, la porosité entre vie privée et vie professionnelle, l’évaluation permanente des performances, l’injonction à être constamment joignable, sont de véritables violences collectives, à l’origine de surcharges physiques mais aussi mentales. L’aliénation du fonctionnement mental est ainsi produite par la négation du corps.
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Jan 01, 2025
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15
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Marie Pezé (2025). Les nouveaux visages de la souffrance au travail. ELFe XX-XXI, 15. https://doi.org/10.4000/14vfr